ISSN 2421-5813

Résumé  La traduction a représenté pour beaucoup d’écrivains un moment d’expansion de l’imagination. C’est une évolution des facultés linguistiques, une porte ouverte sur un héritage d’images, de fascinations, de symboles, qui vont au-delà d’un simple système langagier. Il s’agit ainsi de considérer la traduction comme un espace d’exploration de la conscience par le biais du langage : une véritable forme de connaissance de la réalité, un acte philosophique et spirituel. Reine de toutes les facultés, barycentre de toutes les traductions de Nerval et Baudelaire : telle est l’imagination. Entre traduction et réécriture, expérience littéraire et quête spirituelle, quel rôle a joué l’imagination dans les réflexions sur la traduction de Baudelaire et de Nerval ? Nous nous concentrerons notamment sur les notes de Nerval à ses traductions des poètes allemands, ainsi que sur la préface de Baudelaire à Nouvelles Histoires Extraordinaires d’Edgar Allan Poe.

Mots-clés  Nerval – Baudelaire – traductologie – imagination – comparatisme

Abstract  Translation represented for many writers a moment to extend their imaginative faculty. It is an evolution of their linguistic abilities, a door wide open to a legacy of images, symbols, fascinations going far beyond a simple linguistic system. I will consider translation as a space of exploration of consciousness through language: a real form of knowledge of reality, a philosophical and spiritual act. Imagination is the queen of human abilities, the barycenter of both Nerval’s and Baudelaire’s translations. Generally placed between translation and rewriting, literary experience and spiritual quest, what is the role of imagination in Nerval’s and Baudelaire’s thoughts about translation? I will focus in particular on Nerval’s notes accompanying his translations of the German poets, and on Baudelaire’s preface to the Nouvelles Histoires Extraordinaires by Edgar Allan Poe.

Keywords  Nerval – Baudelaire – translation studies – imagination – comparative studies

L’imagination m’apportait des délices infinies.
En recouvrant ce que les hommes appellent la raison !
Faudra-t-il regretter de les avoir perdues ?
Gérard de Nerval, Aurélia 1.I

Introduction

Après avoir décrit les dynamiques qui ont amené la crise actuelle des études comparatistes et les enjeux que le « new comparatism » (Gayatri Spivak, 2003)[1] se prépare à affronter, Gillian Lane-Mercier signale dans un article de 2009[2] « l’urgence de remettre en cause les avantages – lire les visées – d’une interdisciplinarité sauvage, incontrôlée et incontrôlable qui, à force de jeter des ponts, court le risque de l’éclatement et, partant, l’autodestruction »[3].

Toutefois, la littérature comparée – comme la traductologie – reste une discipline inévitablement fondée sur l’hybridité et le croisement, et ne peut pas s’empêcher de penser et se repenser au prisme de cette inspiration, d’une « théorie de la mobilité »[4], selon la formule de Tiphaine Samoyault. Plus particulièrement, les rapports entre traductologie et littérature comparée dévoilent toute la complexité et les risques de ces disciplines hybrides, ainsi que l’importance de réfléchir sur leur identité et leurs spécificités. C’était déjà, par ailleurs, le thème du XIe Congrès de l’Association Internationale de Littérature Comparée (1985) : dans son introduction[5]José Lambert soulignait l’importance de la traduction comme champ spécifique, en même temps que la nécessité d’une interaction entre la théorie, l’histoire de la traduction et les autres disciplines. Il nous semble donc nécessaire de repenser la traduction au prisme de la philosophie, de la poétique, des études sur l’imaginaire, enfin, de la repenser comme un art et non comme l’un des domaines de la linguistique appliquée.

En effet, comme l’écrit Gillian Lane-Mercier,

ces deux disciplines « en crise » depuis leur origine, en raison de la logique relationnelle qui les fonde et la précarité à laquelle cette logique les expose, la littérature comparée et la traductologie trouveraient par conséquent leur spécificité par rapport aux autres disciplines qu’elles côtoient à la fois dans la visée centrifuge, nomade ou encore « cartographique » qui les anime et dans la logique de la proximité, de l’intersection, du réalignement, de la traversée, voire de l’intégration et de l’assimilation que cette visée implique.[6]

Dans ce contexte, nous voulons tenter une expérience aussi simple que nécessaire : proposer une nouvelle réflexion sur la pratique et la théorie du traduire, une nouvelle manière de « penser la traduction »[7], selon l’inspiration formulée par Jean-Yves Masson. Tout en suivant une démarche « cartographique », on pourrait ainsi envisager une hybridation ultérieure de ces deux disciplines – hybridation au carré – dans la tentative de réaliser des esquisses de traductologie comparée, c’est-à-dire des réflexions critiques comparant les pratiques langagières et les imaginaires des traducteurs.

D’un côté, il est intéressant de prendre en considération les manières par lesquelles l’imaginaire intervient dans la représentation « socio-symbolique des pratiques traductives »[8]. De l’autre, en ce qui concerne l’étude des textes traduits, il est crucial d’observer les procédés par lesquels l’imaginaire et l’imagination jouent un rôle concret dans la pratique traduisante. En effet, on peut constater que nombre de solutions traductionnelles dérivent de l’imagination créatrice des traducteurs, qui s’incarne dans des choix linguistiques et poétiques, comme l’on peut remarquer par exemple à travers les études de Linda Collinge (2000)[9] ou de Mathias Verger (2010)[10]. C’est sous ce deuxième aspect que l’imaginaire nous intéresse dans le contexte de cet essai. La traductologie est ici considérée d’un point de vue d’une « génétique de la traduction » au sens large qui repense son identité à la lumière des études sur l’imaginaire. De ce point de vue, il est possible de considérer la notion d’imaginaire de la traduction comme une déclinaison de ce qu’on pourrait bien appeler les « théories sur l’imaginaire linguistique »[11]. C’est enfin par le biais d’une telle interdisciplinarité[12] qu’on peut espérer d’organiser la complexité des facteurs fondant la traduction littéraire à l’intérieur d’un système cohérent, qui tient compte à la fois de la dimension linguistique et du substrat socioculturel, comme le souligne Susan Bassnett[13]. En d’autres termes, c’est grâce à une telle inspiration que la traductologie peut ainsi élargir sa « sphère de connaissance »[14] ou « sphère d’influence »[15], dans le but d’améliorer l’efficacité et la profondeur de ses outils analytique et herméneutiques.

De ce point de vue, il s’agit d’explorer, dans le sillage de Christine Lombez[16], les paratextes, les essais, les influences, les alliances intertextuelles… qui informent le travail des traducteurs et leurs imaginaires.

Démons fugitifs : propositions pour une traductologie comparée

La traduction a représenté, dans l’histoire, pour beaucoup d’écrivains, quelque chose de plus important qu’une simple transposition d’une langue à l’autre. Pour certains, comme Nerval et Baudelaire, la transposition linguistique n’est qu’un aspect marginal d’une quête plus profonde. Il nous intéresse ici d’offrir aux lecteurs quelques éléments qui ont été à la source de leurs réflexions sur la traduction.

La traduction, pour Nerval et Baudelaire, est un moment d’expansion de la langue et de l’imaginaire du traducteur, une véritable éclosion qui provoque un double mouvement : du texte vers le traducteur et vice versa. C’est une dynamique qui touche donc, selon une expression de Lauret Van Eynde, aux « circonstances événementielles de la production imaginaire »[17]. C’est enfin une évolution des facultés linguistiques, une porte ouverte sur un héritage d’images, de fascinations, de symboles, qui vont au-delà d’un simple système linguistique.

De ce point de vue, il s’agit de considérer la langue-cible comme la caisse de résonance de la langue-source, et non plus simplement comme le point d’arrivée d’un processus linguistique. À l’intérieur de cette caisse de résonance, des mécanismes étrangers créent un nouvel espace d’expression, une nouvelle germination sémantique et rhétorique, une fécondation – selon une expression d’Antoine Berman – « par la médiation de l’Étranger »[18]. Le concept de passage s’avérera être ainsi trop limitatif pour définir le processus : la traduction serait plutôt « une transmutation à travers laquelle le premier texte, écoute après écoute, exercice après exercice, prend la forme d’une autre langue, assume une autre voix »[19]. À travers l’exercice de l’écoute, le traducteur s’ouvre à toute une série de nouveaux signifiés qui étaient déjà intégrés, inclus, familiers, non seulement à l’intérieur de l’imaginaire de la langue-source, mais aussi de la langue-cible. Il s’agit, selon une expression de Giorgio Caproni, d’« un élargissement dans le champ de sa propre existence et de sa propre conscience »[20] et qui touche à la fois à la traduction et à l’imitation[21]. C’est exactement ce moment qui intéresse Nerval et Baudelaire. Plus particulièrement, comme dans le cas des traductions allemandes de Nerval, ou des traductions baudelairiennes de Poe, la visée des traducteurs consiste à franchir les limites de leur propre langue à travers les routes qu’un autre auteur a frayées dans une autre langue. L’idée de fond de ce travail consiste dans une réflexion sur l’imagination – inspirée notamment des théories de Carl Gustav Jung et Gilbert Durand – considérée dans la perspective des études traductologiques. Il s’agit avant tout de considérer la traduction comme un acte de connaissance, dans le sens le plus pur de la sapientia grecque, c’est-à-dire gnosis (γνῶσις, qui veut dire « connaissance par la mémoire »). Il est en fait plausible de supposer qu’il existe dans le monde un imaginaire archétypique de la réalité dans lequel l’être humain a la possibilité de former des images et d’être formé par des images : « toute chose forme et est formée par toute chose… et on peut être poussé à trouver, sonder, juger, argumenter, se souvenir de toute chose à travers toutes les autres »[22].

La traduction peut donc agir d’instrument pour relier la conscience à cet imaginaire archétypique – notamment grâce à l’imagination – en réveillant une dimension de la mémoire qui est à la fois langagière, symbolique et métaphysique. De ce point de vue, la traduction devient un espace d’exploration de la conscience par le biais du langage : une véritable forme de connaissance de la réalité, un acte philosophique et spirituel.

En effet la traduction met en œuvre un travail sur l’imagination et sur toutes ces facultés qui vont au-delà, et en deçà, de la dimension langagière. Comme l’explique François Vezin,

Pour être indispensables, les compétences linguistiques sont ici loin de suffire, car il faut autant et bien davantage une imagination productrice, comme disait Kant, avec cette différence qu’il faudrait en l’occurrence aller jusqu’à parler d’une fonction translinguistique de l’imagination.[23]

Selon F. Vezin, la « fonction translinguistique de l’imagination » se révèle là où la traduction devient « une activité éminemment philosophique », là où elle met « une sorte de transcendantal en jeu »[24]. Il s’agit donc de considérer l’imagination d’un point de vue transcendant et d’explorer les moments où elle traverse le langage. En partageant la critique[25] que G. Durand mène contre la théorie de l’imagination de Jean-Paul Sartre[26], nous souhaitons ainsi mettre de côté toute conception empirique ou psychologique de l’imagination. Nous considérons ainsi la dimension de l’imaginaire plutôt comme une « constellation »[27] d’images motrices (une « cinématique symbolique »)[28] et finalement comme un dynamisme qui se fait l’expression d’une transcendance.

Dans ce contexte, on n’a pas l’ambition bien évidemment de réinventer une « théorie de l’imagination »[29] à la manière de Paul Ricœur, mais on envisagera plutôt une « poétique de la volonté »[30] en observant un certain nombre de phénomènes et d’expériences « à la charnière du théorique et du pratique »[31]. Une investigation ainsi menée offrira aux lecteurs quelques réflexions sur cette « entité mentale », cette « étoffe dans laquelle nous taillons nos idées abstraites, nos concepts », cet « ingrédient de je ne sais quelle alchimie mentale »[32].

Les traductions de Baudelaire et Nerval nous ont donné une occasion inédite dans notre démarche comparatiste, en ce qu’elles touchent à la dimension du langage tout en la transcendant. Les ressemblances entre ces deux traducteurs nous semblent plus nombreuses que les différences : leur approche de la traduction est plus importante que l’exactitude de leur technique traduisante. En effet leurs traductions relèvent d’un art plus que d’un procédé : ils traduisent en poète plus qu’en technicien.

Comme l’a remarqué Albert Béguin, la traduction, pour Nerval, est un espace où l’on assimile une connaissance et l’on fait coïncider deux personnalités. C’est un lieu d’affinité d’esprits, avant d’être un lieu « linguistique »:

Il n’importe guère que telle ou telle lecture allemande ait aidé Nerval […] à construire sa mythologie personnelle. Lorsqu’il ne s’agit pas de littérature, considérée comme pure virtuosité d’expression et par conséquent ouverte à toutes les formes d’imitation ; lorsque, au contraire, il est question de cette poésie, romantique ou moderne, qui prétend s’assimiler à une connaissance et coïncider avec l’aventure spirituelle du poète, l’« influence » est d’importance très accessoire. Tout au plus autorise-t-elle la hardiesse d’une tentative encore timide, favorisant l’éclosion des germes ou hâtant leur floraison : encore faut-il que le germe existe et puisse lever ; et il ne le fera jamais, s’il est authentique, sans prendre aussitôt une forme qui n’appartient qu’à lui. Les affinités qui créent les grandes familles spirituelles importent bien davantage que le mode de transmission des idées et des thèmes.[33]

La traduction ne serait donc que cette tentative de favoriser la floraison de germes qui appartenaient déjà à l’imaginaire et à la langue du traducteur. La traduction les fait éclore. Il nous semble important de remarquer qu’il s’agit d’un imaginaire qui relie des « grandes familles spirituelles », et qui touche donc à une dimension symbolique et archétypale. Le dispositif de la traduction fonctionne ainsi entre deux imaginaires semblables : l’imaginaire inconscient de la langue-cible qui s’épanouit lorsqu’il se trouve en résonance avec l’imaginaire manifeste de la langue-source. On pourrait même parler – en utilisant une formule de C. G. Jung – d’une disposition germinative[34] de l’imagination traductive.

Quant à Nerval, la traduction en tant que simple acte linguistique « n’est peut-être qu’un tableau menteur, qui ne peut fixer d’aussi vagues images, merveilleuses et fugitives comme les brumes colorées du soir »[35]. Ce qui intéresse le petit romantique, concernant par exemple sa traduction de Heinrich Heine, c’est plutôt de découvrir « le secret de ces aspirations, de ces souffrances »[36]. Nerval s’interroge sur les sources de la langue de son ami allemand et, par conséquent, sur son inspiration poétique : « Quel est cet amour qui l’oppresse cependant, et qui, ça et là, traverse comme un éclair ces vagues idées, parfois imprégnées des brumes du Nord, parfois affectant une précision classique ? »[37]. En effet, Jean-Yves Masson a déjà fait remarquer que Nerval se comporte comme un « voleur d’âme »[38], plutôt que comme un traducteur-interprète. La traduction se livre ainsi à une parole mystérieuse, une parole transitive (selon le signifié littéral de ce terme : « qui s’étend du sujet à l’objet »)[39], « une parole oblique, pareille à celles des oracles d’Apollon, le dieu oblique, loxias »[40] – selon une autre formule J.-Y. Masson.

Dans son enquête, Nerval embrasse ainsi une vision métaphysique de l’histoire et de la culture en s’interrogeant sur la source de l’imagination poétique, non seulement de Heine, mais d’un peuple tout entier, du genius de ce peuple. Par exemple, à propos de ses traductions des poètes allemands, il écrit :

Si même je pouvais d’avance les mettre dans le secret du travail des poètes allemands, ils concevraient mieux peut-être et leurs beautés et leurs défauts ; ils comprendraient que c’est une tout autre manière de composer que celle de nos auteurs ; que chez nous c’est l’homme qui gouverne son imagination ; que chez les Allemands c’est l’imagination qui gouverne l’homme, contre sa volonté, contre ses habitudes, et presque à son insu […]

Voyez le poète allemand, dès qu’il a pu échapper à la vie commune, se jeter dans un fauteuil, et s’abandonner à l’enchanteresse dont la main divine se pose sur ses yeux et les ouvre à des aspects nouveaux : c’est alors qu’il aperçoit tantôt comme une échelle de Jacob jetée de la terre au ciel, tantôt comme une vaste roue, un zodiaque céleste qui tourne avec ses signes bizarres et éclatants […] Il s’identifie avec tout cela ; il ne voit pas seulement, mais il entend ; il entend, et cependant, qu’on tire le canon à ses oreilles, et l’on n’éveillera pas son attention… Il entend la voix murmurante du Roi des aulnes qui veut séduire un jeune enfant ; le kling-kling d’une cloche dans la campagne, le hop ! hop ! hop ! d’un cheval au galop, le cric-crac d’une porte en fer qui se brise… Et puis, s’il a une plume, il jette tout cela sur le papier, comme il l’a vu, comme il l’a entendu, sans s’inquiéter d’être lu, et surtout sans se dire : cela est-il pur ? cela est-il noble ? et au fond qu’est-ce que cela prouve ? Après quoi il ne touche plus à son travail, et le laisse pour ce qu’il est… un vrai chaos, soit ! du ridicule souvent à force de sublime…, ou bien un monde, tout un monde spirituel, aussi vrai qu’il est possible de l’inventer.[41]

La lecture et la traduction des poètes allemands ouvrent à Nerval « un monde spirituel » en lui fournissant des outils pour faire face à son « aventure spirituelle », selon l’expression d’Albert Béguin. Il cherche dans la poésie allemande une imagination qui « gouverne l’homme », un « zodiaque céleste qui tourne avec ses signes bizarres et éclatants ». Ce sont les traits d’une « langue emphatique » qui est, selon C. G. Jung, la langue des archétypes[42], autrement dit des « images qui se cach[ent] dans les émotions »[43]. Il s’agit finalement de ce « monde d’images inconscientes qui plongent le malade mental dans une confusion inextricable, mais qui est aussi la matrice de l’imagination créatrice des mythes, imagination avec laquelle notre ère rationaliste semble avoir perdu le contact »[44]. À ce propos, Jean-Yves Masson a fait remarquer à quel point pour Nerval la langue allemande est « nimbée d’un prestige magique ou religieux »[45].

Mais si d’un côté il est vrai que cette fascination transcende la dimension linguistique pour toucher à l’imaginaire (qui relève toujours de la sphère de l’ineffable, voire de l’intraduisible)[46], de l’autre il est nécessaire qu’elle s’incarne dans des choix traductionnels. En effet, à propos des traductions des poésies allemandes, Masson souligne le fait que Nerval conçoit son œuvre dans la recherche d’une « langue archaïque, dont au fond, il lui importe peu, dans le principe, qu’elle soit celle d’un pays réel »[47]. Cette langue rêvée s’avère particulièrement efficace, notamment grâce à une fréquentation assidue des dictionnaires étymologiques de laquelle Nerval « retire une sensibilité extrême aux connotations, aux profondeurs cachées de la langue »[48]. Dans Schiller, par exemple, il traduit Sehnsucht par désir, un mot « plus dynamique que […] nostalgie exclusivement tournée vers le passé »[49]; ou il aborde la traduction des archaïsmes sans aucun problème, comme pour le verbe birschten, qui veut dire chasser, un archaïsme très rare – comme le fait encore remarquer Masson[50]. D’un autre point de vue, nous pourrions apprécier l’éclosion de la langue-cible grâce aux traductions nervaliennes du Faust de Johann Wolfgang von Goethe, dans lesquelles l’auteur, la persona poetica – selon l’étude de Lieven D’Hulst – se manifeste par une traduction lyrique très personnelle, ainsi que par un « élan de sympathie intuitive » vis-à-vis de la psychologie des personnages[51]. Cependant l’imaginaire que Nerval reçoit par la littérature allemande dépasse les bornes de la pratique traductionnelle et influence toute sa création littéraire. À ce sujet, D’Hulst[52] a déjà mis en évidence le rôle de la traduction dans l’initiation littéraire de Nerval. Christine Lombez a décrit ensuite les dynamiques par lesquelles la traduction est devenue pour Nerval « une véritable école d’écriture grâce à laquelle il mit au jour des ressources poétiques inexplorées, bagage des générations de poètes à venir »[53]. L’étude d’Hisashi Mizuno[54] sur Nerval germaniste démontre enfin que les réminiscences de ses traductions, à travers des processus d’imitation et création, participent remarquablement à la construction de son style et de sa poétique.

En effet Nerval s’interroge non seulement sur le moment du passage d’une langue à l’autre, mais surtout sur les moments de résonance d’une identité dans une autre, d’un imaginaire dans un autre. C’est pour cette raison qu’il se concentre sur le rôle de l’écoute et de la lecture.

Allez donc maintenant appliquer à un tel ouvrage cette critique rétrécie, fille de la Harpe et de Geoffroy, qui combat traîtreusement les mots à coups d’épingles, et tue ainsi en détail la plus sublime conception. Ou bien lisez-le superficiellement, avec vos préventions de collège, et sans songer que vous n’êtes plus en France, sans rappeler à vous vos illusions de jeune homme, et les singulières pensées qui vous ont assaillis parfois dans une campagne au clair de lune, et bientôt vous aurez jeté le livre avec le mépris d’une curiosité trompée, et vous serez rentrés dans votre cercle de pensées habituelles, en murmurant comme un homme qu’on a troublé dans son sommeil. Ah ! ce sera peut-être un peu la faute du traducteur ; mais il ne prétend pas vous donner l’ouvrage étranger tel qu’il est ; il compte que vous suppléerez à ce qui lui manque, et si vous ne vous sentez pas assez poète pour cela, il ne faut pas le lire. [55]

Il ne faut pas être poète uniquement pour faire de la traduction, il faut l’être aussi pour lire un texte étranger et une traduction. La lecture même est un acte profondément créatif… et créateur. Nerval demande ainsi au lecteur de suppléer à ce qui manque au texte. Il lui demande en somme de mettre en jeu son imagination créatrice, une « imagination active » qui nous rend « à même de découvrir l’archétype »[56] – en utilisant une définition de C. G. Jung. Cette conception de l’imagination fait écho à celle de Giambattista Vico qui, dans la Scienza nova, expose la doctrine des « universaux fantastiques »[57] dans laquelle l’imagination est considérée par rapport à son lien avec la poésie (en tant que poiesis, ποίησις, « création ») et avec la transformation des formes du savoir exprimée par la société dans l’Histoire.

Si la traduction engendre ainsi une exploration de l’imaginaire, d’un monde interne et externe à la langue, Nerval a peut-être voulu y voir un exercice nécessaire pour augmenter la puissance de sa lecture, l’étendue de son langage, la précision de sa faculté d’interprétation :

C’est ainsi que je m’encourageais à une audacieuse tentative. Je résolus de fixer le rêve et d’en connaître le secret. Pourquoi me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques, armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les subir ? N’est-il pas possible de dompter cette chimère attrayante et redoutable, d’imposer une règle à ces esprits de nuits qui se jouent de notre raison ? Le sommeil occupe le tiers de notre vie […] Dès ce moment, je m’appliquais à chercher le sens de mes rêves, et cette inquiétude influa sur mes réflexions de l’état de veille. Je crus comprendre qu’il existait entre le monde externe et le monde interne un lien ; que l’inattention ou le désordre d’esprit en faussaient seuls les rapports apparents, – et qu’ainsi s’expliquait la bizarrerie de certains tableaux, semblables à ces reflets grimaçants d’objets réels qui s’agitent sur l’eau troublée.[58]

L’imagination devient alors un outil pour franchir des « portes mystiques », pour « dominer les sensations au lieu de les subir », pour imposer une règle au « désordre d’esprit », dans une dynamique qui rappelle le processus d’individuation de C. G. Jung. Et si par ce processus, le Soi dans un mouvement de synthèse « embrasse infiniment plus en lui-même qu’un simple moi », s’il est « autant l’autre ou les autres que le moi »[59], nous pouvons saisir jusqu’à quel point, pour une âme comme Nerval, la traduction a pu représenter une rencontre avec l’Autre (et avec soi-même). Cette dynamique témoigne enfin d’une inspiration bien précise, le primat de l’imagination chez les romantiques et notamment son rôle de principe organisateur de la connaissance : « en amplifiant la problématique d’un Moi, originairement imaginatif, les premiers romantiques firent assurément de l’art le lieu de l’unité des extrêmes : soulevant la question d’une saisie esthétique et artistique du vrai absolu, inaccessible sous une forme systématique »[60]. Ainsi que Nerval, Baudelaire a vécu ses traductions comme un élan vers le mystère de l’altérité, comme une rencontre avec une personnalité qu’il ressentait proche. D’ailleurs, il n’est pas étonnant que Baudelaire s’intéresse à tous les génies incompris de son époque, tels Poe, Delacroix, Manet, Wagner, Byron[61]: le « sentiment d’une ressemblance avec lui-même »[62] conditionnait probablement ses admirations. Mais au-delà des nombreuses affinités biographiques et psychologiques qui rapprochent Baudelaire et Poe[63]l’intérêt du poète des Fleurs du mal pour son double américain dévoile des dynamiques inédites influençant les réflexions de l’écrivain et du traducteur.

Certes, nous connaissons les difficultés de Baudelaire vis-à-vis de la langue anglaise – langue que peut-être il n’a jamais maîtrisée complètement[64]. Mais bien que Baudelaire fasse preuve d’une « singulière inaptitude à comprendre les nuances »[65] de la prose et de la poésie anglaise, il nous semble que son approche de la traduction se révèle passionnante. Voire l’acte de la traduction devient une expérience révélatrice – comme l’avance Marius Conceatu – « d’autant plus que le traducteur se heurte à ses propres limites relatives à la connaissance de l’anglais »[66]. Ce ne sera donc l’exactitude linguistique ou la rigueur de la méthode qu’il faudra y chercher, mais ce sera plutôt une aptitude à la rêverie, une imagination traductive en marche. Baudelaire n’offre pas à Poe une « traduction de service », mais plutôt une « étendue infinie »[67], selon la formule de Paul Valéry. Baudelaire traduit ainsi le titre The Power of Words par Puissance de la parole, à travers un processus de surinterprétation sémantique. On pourrait alors reconnaître la marque d’un « souci poétique »[68] même dans certaines solutions linguistiques considérées des fautes ou des faux-sens par nombre d’analystes. Entre autres, P. M. Wetherill[69] souligne par exemple les suivantes (dans le récit Chute de la Maison Usher) : « lurid » par « lugubre » ; « mystic vapour » par « vapeur mystérieuse » ; « wild fantasies » par « étranges fantaisies ». De notre point de vue, ces solutions relèveraient alors d’une traduction « au sens large »[70] – selon une formule d’Yves Bonnefoy. Ces « événements de la profondeur » seraient donc des « réactions du traducteur qui s’ajoutent à sa traduction au sens étroit et habituel de ce mot : qui s’y ajoutent ou même s’y substituent »[71]. Finalement c’est la pensée autour de la traduction qui nous semble remarquable, avant même la précision linguistique. Pourrait-on dire, en suivant une formule de Jean-Yves Masson : « Penser la traduction : telle est la tâche »[72]. En effet Poe représente pour Baudelaire surtout un penseur, un explorateur du rêve : « Du sein d’un monde goulu, affamé de matérialités, Poe s’est élancé dans le rêve »[73]. Et c’est justement ce rêve que Baudelaire et Poe partagent et qui permet au traducteur-poète de dépasser ses limites linguistiques en saisissant une âme poétique fraternelle. Si la traduction de Baudelaire n’est pas impeccable d’un point de vue grammatical, elle est pourtant admirable quant à sa tension dramatique et à son empathie lyrique : le génie s’affranchit ainsi de la technè (τέχνη), il dépasse les contraintes linguistiques pour saisir librement le sens poétique. La langue de Poe se charge ainsi d’une valeur extralinguistique et représente, selon Baudelaire, un imaginaire précieux pour ses contemporains, une alternative spirituelle au langage matérialiste de la « philosophaillerie » et à la banalité de l’« américanisme » :

De quel mensonge pouvait-il être dupe, celui qui parfois – douloureuse nécessité des milieux – les ajustait si bien ? Quel mépris pour la philosophaillerie, dans ses bons jours, dans les jours où il était, pour ainsi dire, illuminé. Ce poète, de qui plusieurs fictions semblent faites à plaisir pour confirmer la prétendue omnipotence de l’homme, a voulu quelquefois se purger lui-même. Le jour où il écrivait : « Toute certitude est dans les rêves », il refoulait son propre américanisme dans la région des choses inférieures ; d’autres fois, rentrant dans la vraie voie des poètes, obéissant sans doute à l’inéluctable vérité qui nous hante comme un démon tombé qui se souvient des Cieux ; il envoyait ses regrets vers l’âge d’or et l’Éden perdu ; il pleurait toute cette magnificence de la nature, se recroquevillant devant la chaude haleine entre Monos et Una, qui eussent charmé et troublé l’impeccable De Maistre. [74]

Le refus de la « région des choses inférieures » est la marque d’une rêverie militante, d’une prise de position non seulement vis-à-vis de ses contemporains, mais vis-à-vis de toute la pensée humaine, c’est « la vraie voie des poètes ». L’imagination est l’étendard de cette rêverie et il s’agit notamment de cette imagination active – admirablement décrits par C. G. Jung – qui « nous rend à même de découvrir l’archétype, et précisément sans descendre au niveau de la sphère des instincts, abaissement du niveau de conscience qui ne conduit qu’à un état incapable de connaissance, ou, pis encore, à un succédané intellectualiste des instincts »[75]. Une imagination qui va au-delà de la philosophie elle-même ; elle est la reine de toutes les facultés humaines :

Pour lui, l’imagination est la reine des facultés ; mais par ce mot il entend quelque chose de plus grand que ce qui est entendu par le commun des lecteurs. L’imagination n’est pas la fantaisie ; elle n’est pas non plus la sensibilité, bien qu’il soit difficile de concevoir un homme imaginatif qui ne serait pas sensible. L’imagination est une faculté quasi divine qui perçoit tout d’abord, en dehors des méthodes philosophiques, les rapports intimes et secrets des choses, les correspondances et les analogies. Les honneurs et les fonctions qu’il confère à cette faculté lui donnent une valeur telle (du moins quand on a bien compris la pensée de l’auteur), qu’un savant sans imagination n’apparaît plus que comme un faux savant, ou tout au moins comme un savant incomplet.[76]

Nous sommes face à une « faculté divine » qui perçoit les rapports intimes et secrets des choses, qui traduit les choses en images à travers les mécanismes de la correspondance et de l’analogie – une opposition qui rappelle la méthode durandienne distinguant « convergence » et « analogie »[77]. Le poète est donc le « rêveur du monde », c’est-à-dire celui qui organise en images le Cosmos, en suivant « le tempérament de son imagination »[78]  – comme l’écrit Gaston Bachelard. Il existe donc une relation très stricte entre la poétique de Baudelaire et ses traductions de Poe. Le poète des Fleurs du mal a emprunté à son frère américain – comme le fait remarquer Marius Conceatu – « un système esthétique et il est redevenu lui-même grâce à son modèle »[79]. Il y a eu entre les deux, selon Lemonnier, « une sorte d’échange et d’interpénétration »[80]

La traduction, en tant que travail sur l’imaginaire, devient alors, pour Baudelaire, un moyen de s’approprier les facultés de Poe, tellement aimées, admirées, désirées. Facultés qu’on pourrait imaginer comme composantes d’une science de la rêverie :

Avant toute chose, je dois dire que la part étant faite au poète naturel, à l’innéité, Poe en faisait une à la science, au travail, et à l’analyse, qui paraîtra exorbitante aux orgueilleux non érudits. Non seulement il a dépensé des efforts considérables pour soumettre à sa volonté le démon fugitif des minutes heureuses, pour rappeler à son gré ces sensations exquises, ces appétitions spirituelles, ces états de santé poétique, si rares et si précieux qu’on pourrait vraiment les considérer comme des grâces extérieures à l’homme et comme des visitations ; mais aussi il a soumis l’inspiration à la méthode, à l’analyse la plus sévère […] Il affirme que celui qui ne sait pas saisir l’intangible n’est pas poète ; que celui-là seul est poète qui est le maître de sa mémoire, le souverain des mots, le registre de ses propres sentiments toujours prêt à se laisser feuilleter. [81]

L’imagination du poète – « maître de sa mémoire » – a dans ce contexte une fonction presque initiatique, une visée cathartique qui atteint parfois l’état de « santé poétique ». Dans cette perspective, l’imagination active ne se révèle pas seulement comme un dispositif de lecture du réel, mais aussi comme un instrument de soin pour le poète, une thérapie imaginative. On ne peut ainsi que repenser à la notion de « santé cosmique » de G. Bachelard et on ne peut que rappeler son rêveur qui

participe au monde en se nourrissant de l’une des substances du monde, substance dense ou rare, chaude ou douce, claire ou pleine de pénombre suivant le tempérament de son imagination. Et quand un poète vient aider le rêveur en renouvelant les belles images du monde, le rêveur accède à la santé cosmique. [82]

Peut-être ce « démon fugitif des minutes heureuses », « ces appétitions spirituelles » et « ces sensations exquises » ne sont que l’écho de la santé cosmique, ne sont que la substance émotionnelle de cette « Tranquillité » reliant – selon G. Bachelard – « le Rêveur et son Monde », car « la rêverie ne peut s’approfondir qu’en rêvant un monde tranquille »[83]. Nous concluons ces esquisses de traductologie comparée par l’image de ce démon fugitif, ce dieu tutélaire, qui est une parfaite métaphore de la traduction accomplie et des études comparatistes, toujours oscillant, heureusement, à la frontière entre inspiration et méthode, esquisse et système, impulsion instinctive et analyse rigoureuse.

Riccardo Raimondo

Université Sorbonne Paris Cité

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POUR CITER CET ARTICLE  Riccardo Raimondo, « Le démon fugitif de l’imagination. Propositions pour une traductologie comparée : Nerval et Baudelaire », Nouvelle Fribourg, n. 2, novembre 2016. URL : http://www.nouvellefribourg.com/archives/le-demon-fugitif-de-limagination-propositions-pour-une-traductologie-comparee-nerval-et-baudelaire/ 

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NOTES

1 Cf. Gayatri Chakravorty Spivak, Death of a Discipline, New York, Columbia University Press, 2003.

2 Gillian Lane-Mercier, « Repenser les rapports entre la littérature comparée et la traductologie : prolégomènes au braconnage interdisciplinaire », TTR : traduction, terminologie, rédaction, vol. 22, n° 2, 2009, p. 151-182.

3 Gillian Lane-Mercier, « Repenser les rapports entre la littérature comparée et la traductologie », p. 156.

4 Tiphaine Samoyault, « Morts récentes & vies nouvelles de la littérature comparée », Acta fabula, vol. 12, n° 5, « Le partage des disciplines » (Mai 2011). [en ligne : fabula.org/acta].

5 La traduction dans le développement des littératures/Translation in the Development of Literatures (responsables de la publication : José Lambert et André Lefevere), Actes du XIe Congrès de l'Association Internationale de Littérature Comparée (Paris, août 1985), sous la direction de Eva Kushner et Daniel Pageaux, Volume 7, Peter Lang & Leuven University Press, p. 7-25.

6 Gillian Lane-Mercier, « Repenser les rapports entre la littérature comparée et la traductologie : prolégomènes au braconnage interdisciplinaire », cit., p. 157.

7 Cf. Jean-Yves Masson, « Territoire de Babel (notes sur la théorie de la traduction) », Corps Ecrit, n°36, Babel ou la diversité des langues, PUF, 1990, pp. 157-160.

8 Cf. Antonio Lavieri, « Mises en scène du traduire. Quand la fiction pense la traduction », Transalpina, n° 9, Presses universitaires de Caen, 2006, pp. 87-101 ; Antonio Lavieri, « Translatio in fabula, enjeux d’une rencontre entre fictions et traductions », in S. Klimis, I. Ost et S. Vanasten (dir.), Translatio in fabula, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, n°130 (2010), pp. 117-127, passim ; Antonio Lavieri, « Gli sguardi, i fatti e l'immaginario del tradurre », in S. Arduini, I. Carmignani (dir.). Le giornate della traduzione letteraria : nuovi contributi, Roma, Iacobelli, 2010, passim.

9 Cf. Linda Collinge, Beckett traduit Beckett : de "Malone meurt" à "Malone Dies", l’imaginaire en traduction, Génève, Droz, 2000. Sur le sujet voir aussi : Riccardo Raimondo, « Beckett in scena: traduzioni e ritraduzioni di En attendant Godot », Journée d’études Tradurre per la scena, org. par Fondazione INDA (Istituto Nazionale del Dramma Antico) et par Fondazione Amici dell’INDA (Syracuse, Italie), 15 gennaio 2016.

10 Cf. Mathias Verger. « Antonin Artaud et l’imaginaire de la traduction », Carnets de Chaminadour, n°4 (2015), pp. 61-85.

11 Cf. Éduard Glissant, Introduction à une poétique du divers, Paris, Gallimard, 1996 ; L'imaginaire des langues, entretiens avec Lise Gauvin, Paris, Gallimard, 2010 ; Anne-Marie Houdebine (dir.), L'imaginaire linguistique, textes issus des communications du colloque international « Imaginaire linguistique » (Paris-Sorbonne, 30 nov.-1er déc. 2001), Paris-Budapest-Torino, L’Harmattan, 2002.

12 Cf. Susan Bassnett, André Lefevere, Constructing cultures : Essays on Literary Translation, Clevedon, Multilingual Matters, 1998 ; Jean-René Ladmiral, « Le triangle interdisciplinaire de la traductologie » in J.-R. Ladmiral, « L’empire des sens », in Marianne Lederer (dir.), Le sens en traduction, Caen, Minard, 2006, pp. 109-125.

13 Susan Bassnett et André Lefevere , Constructing cultures: Essays on Literary Translation. United Kingdom, Cromwell Press, 1998, p. 10 : « We need to learn more about the acculturation process between cultures, or rather, about the symbiotic working together of different kinds of rewritings within that process, about the ways in which translation, together with criticism, anthologisation, historiography, and the production of reference works, constructs the image of writers and/or their works, and then watches those images become reality ».

14 Cf. Astrid Guillaume, « L’interthéoricité : sémiotique de la transférogenèse. Plasticité, élasticité, hybridité des théories », Revue PLASTIR (Plasticités, Sciences et Arts), n°37 (2014), pp.1-36 ; Cf. Astrid Guillaume, « The Intertheoricity : Plasticity, Elasticity and Hybridity of Theories », in Human and Social studies, vol.4, n°1 (2015), Boston/Berlin, Éd.Walter de Gruyter, pp. 13-29.

15 Cf. Michel Balard, « La traductologie comme espace », Les Langues Modernes (dossier coordonné par Astrid Guillaume), n°1 (2016), passim.

16 Cf. Christine Lombez, La Seconde Profondeur : la traduction poétique et les poètes traducteurs en Europe au XXe siècle. Paris, Les Belles Lettres, 2016.

17 Lauret Van Eynde, « Avant-propos », in Éléonore Faivre d’Arcier, Jean-Pol Madou et Laurent Van Eynde (dir.), Mythe et création. Théorie et figures, 2 vol., t. I, Publications des Facultés Universitaires Saint-Louis, Bruxelles, 2005, p. 9.

18 Antoine Berman, L’épreuve de l’étranger, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1984, p. 16.

19 Antonio Prete, « Traduzione come ospitalità », Revista de Italianística, N° XIV (2006), p. 118 : « una trasmutazione, per la quale il primo testo, ascolto dopo ascolto, esercizio dopo esercizio, prende un’altra lingua, un’altra voce ».

20 Cf. Giorgio Caproni, Divagazioni sul tradurre, in La Scatola Nera, Milano, Garzanti, 1996, p. 62 : « un allargamento nel campo della propria esperienza e della propria coscienza ».

21 Consulter le chapître consacré à Giorgio Caproni in Antonio Prete, All’ombra dell’altra lingua. Per una poetica della traduzione, Milano, Bollati Boringhieri, 2011, p. 106.

22 Giordano Bruno, Sigillus sigillorum, 1583, liber secundum, §II : « tutto forma ed è formato da tutto… e noi possiamo essere portati a trovare, indagare, judicare, argomentare, ricordarci d’ogni cosa attraverso ogni altra » [la traduction intratexto est la nôtre] ; rééd. in Opere mnemotecniche II, a cura di Marco Matteoli, Rita Sturlese, Nicoletta Tirinnanzi, Milano, Adelphi, 2009.

23 François Vezin, « Philosophie et pédagogie de la traduction », Revue philosophique de la France et de l'étranger, Tome 130 (2005/4), p. 496.

24 Ibidem.

25 Gilbert Durand, « Critique des théories classiques de l’imagination », « L’imaginaire chez Sartre », in Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod, 1992.

26 Jean-Paul Sartre, L’imagination, Paris, Puf, 2012.

27 Il s’agit bien d’une expression appartenant à la théorie jungienne, que G. Durand applique aux études sur l’imaginaire. Consulter : Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire, cit., p. 65.

28 Idem, p. 46.

29 Paul Ricœur, Du texte à l’action, Essais d’herméneutique II, Paris, Éditions du Seuil, 1986, p. 237.

30 Ivi, p. 237.

31 Ivi, p. 238.

32 Ivi, p. 241.

33 Albert Béguin, L’Âme romantique et le rêve, Paris, José Corti, 1991, p. XV-XVI.

34 Carl Gustav Jung, Énergétique psychique, trad. par Yves Le Lay, Genève, Georg, 1956 ; rééd. « L’énergétique psychique », in La réalité de l’âme, 2 vol., éd. de Michel Cazenave, Paris, Librairies Générale Française, coll. « La Pochothèque », 1998, t. 1, p. 330.

35 Gérard de Nerval, Les Poésies de Henri Heine, in Œuvres complètes, Paris, éd. de Jean Guillaume et Claude Pichois, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », t. I, 1989, p. 1127.

36 Ibidem.

37 Ibidem.

38 Jean-Yves Masson, « Gérard de Nerval traducteur », in Gérard de Nerval, Poèmes d’Outre-Rhin, éd. de Jean-Yves Masson, Paris, Bernard Grasset, 1996, p. 10.

39 Consulter Riccardo Raimondo, «Territori di Babele. Aforismi sulla traduzione di Jean-Yves Masson», Ticontre, n°3 (2015), p. 173.

40 Jean-Yves Masson, « Territoire de Babel (notes sur la théorie de la traduction) », Corps Ecrit, n°36, Babel ou la diversité des langues, PUF, 1990, p. 158.

41 Gérard de Nerval, Introduction aux « Poésies allemandes », in Œuvres complètes, cit., t. I, 1989, pp. 264-265.

42 Carl Gustav Jung, Ma vie : souvenirs, rêves et pensées, trad. par Roland Cahen et Yves Le Lay, Paris, Gallimard, 1966 ; rééd. « La confrontation avec l’inconscient », in La réalité de l’âme, 2 vol., éd de Michel Cazenave, Paris, Librairies Générale Française, coll. « La Pochothèque », 1998, t. 1, p. 33.

43 Ibidem.

44 Idem, p. 45.

45 Jean-Yves Masson, « Gérard de Nerval traducteur », in Gérard de Nerval, Poèmes d’Outre-Rhin, cit., p. 20-21.

46 Au sujet des formes de l’intraduisible, je renvoie à Riccardo Raimondo, « Les lieux de la perte : esquisses pour une taxonomie de l’intraduisible », Atelier de traduction, n°24 (2015), pp. 61-77.

47 Jean-Yves Masson, « Gérard de Nerval traducteur », in Gérard de Nerval, Poèmes d’Outre-Rhin, p. 20.

48 Idem, p. 21.

49 Ibidem.

50 Ibidem.

51 Lieven D’Hulst, « De l’interprétation nervalienne », in Le « Faust » de Goethe traduit par Gérard de Nerval, éd. de L. D’hulst, Paris, Fayard, 2002, p. 22-39.

52 Lieven D’Hulst, « Traduction ou imitation », in Le « Faust » de Goethe traduit par Gérard de Nerval, éd. de L. D’hulst, cit., p. 11-19.

53 Christine Lombez, La traduction de la poésie allemande en français dans la première moitié du XIXe siècle, Tübingen, Max Niemeyer Verlag, 2009, p. 150.

54 Hisashi Mizuno, « Le Germanisme », in Gérard de Nerval, poète en prose, Paris, Éditions Kimé, coll. "Détours littéraires", 2013, p. 23-38.

55 Gérard de Nerval, Introduction aux « Poésies allemandes », in Œuvres complètes, cit., t. I, 1989, p. 265.

56 Carl Gustav Jung, Mysterium conjunctionis, 2 vol., trad. par Etienne Perrot, Paris, Albin Michel, 1982, t. II ; rééd. « Réflexions théoriques sur la nature du psychisme », in La réalité de l’âme, cit., t. 1, p. 1046.

57 Giambattista Vico, Scienza nuova : Libro primo (Dello stabilimento de’ principi) §XLIX ; Libro secondo, (Della sapienza poetica) §V ; Libro quarto (Del corso che fanno le nazioni) §VI : « universali fantastici » [la traduction intratexto est la nôtre] ; rééd. La scienza nuova (le tre edizioni del 1725, 1730 e 1744), a cura di Manuela Sanna e Vincenzo Vitiello, Milano, Bompiani, 2012.

58 Gérard de Nerval, Aurélia (§2,VI), in Œuvres complètes, cit., t. III, 1993, p. 749.

59 Carl Gustav Jung, La guérison psychologique, préf. et adapt. De Roland Cahen, Georg, Genève, 1953 ; rééd. « Psychothérapie et conception du monde », in La réalité de l’âme, cit., t. 1, p. 1063.

60 Charles Le Blanc, Laurent Margantin, Olivier Schefer, La forme poétique du monde, Paris, José Corti, 2003, p. 84.

61 Peter Michael Wetherill, Charles Baudelaire et la poésie d’Edgar Allan Poe, Paris, A. G. Nizet, 1962, p. 17.

62 Idem, p. 18.

63 Idem, pp. 17-32.

64 Peter Michael Wetherill, « Baudelaire et la langue anglaise », in Charles Baudelaire et la poésie d’Edgar Allan Poe, cit., pp. 155-191.

65 Idem, pp. 161.

66 Marius Conceatu, « Baudelaire et Proust traducteurs : les limites de l’étrangeté », Loxias, n°28 (2010) [en ligne : revel.unice.fr/loxias].

67 Cf. Paul Valéry, « Situation de Baudelaire », in Œuvres I, éd. de Jean Hytier, Paris, Gallimard, 1957, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », pp. 598-613.

68 Cf. Paul Valéry, « Situation de Baudelaire », in Œuvres I, éd. de Jean Hytier, Paris, Gallimard, 1957, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », pp. 598-613.

69 Peter Michael Wetherill, « Baudelaire et la langue anglaise », in Charles Baudelaire et la poésie d’Edgar Allan Poe, cit., p. 160.

70 Yves Bonnefoy, « La traduction au sens large. À propos d'Edgar Poe et de ses traducteurs », cit., pp. 9-24.

71 Idem, p. 23-24.

72 Jean-Yves Masson, « Ortega y Gasset : les enjeux éthiques e anthropologiques d’une philosophie de la traduction », in José Ortega y Gasset, Misère et splendeur de la traduction, sous la dir. de François Géal, Paris, Les Belles Lettres, 2013, p. 75.

73 Cf. La préface de Charles Baudelaire in Edgar Poe, Nouvelles Histoire Extraordinaires, préf. et trad. de Charles Baudelaire, éd. dir. par Léon Lemonnier, Paris, Éditions Garnier Frères, 1961, p. 3.

74 Idem, p. 5.

75 Carl Gustav Jung, Mysterium conjunctionis, 2 vol. trad. par Etienne Perrot, Paris, Albin Michel, 1982, t. II ; rééd. « Réflexions théoriques sur la nature du psychisme », in La réalité de l’âme, cit., t. 1, p. 1046.

76 Cf. La préface de Charles Baudelaire in Edgar Poe, Nouvelles Histoire Extraordinaires, cit., p. 13.

77 Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire, p. 40.

83 Idem, p. 149.

82 Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie, cit., p. 153.

81 Cf. La préface de Charles Baudelaire in Edgar Poe, Nouvelles Histoire Extraordinaires, cit., p. 13.

80 Léon Lemonnier, Edgar Poe et les poètes français, Paris, Édition de la Nouvelle Revue Critique, 1932, p. 53.

79 Marius Conceatu, « Baudelaire et Proust traducteurs : les limites de l’étrangeté », Loxias, n°28 (2010) [en ligne : revel.unice.fr/loxias].

78 Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie, Paris, Puf, 1960 ; rééd. 2010, p. 153.